Par Thilo THIELKE pour DIER SPIEGEL - Traduit par Bazolo (05-07-2005)
James Shikwati, 35 ans, fondateur de la société de promotion économique “Inter Region Economic Network” à Nairobi (Kenya), est un avocat passionné de la mondialisation. Il plaide pour davantage d’indépendance des pays en développement et pour le libre-échange.Dans une interview donnée au magazine allemand DER SPIEGEL (04/07/2005), James Shikwati, expert économique kenyan, nous livre son opinion sur les conséquences nocives de l’aide au développement donnée par les pays occidentaux, les dirigeants corrompus et les informations exagérément pessimistes en provenance d’Afrique.
SPIEGEL : M. Shikwati, lors du prochain sommet du G8 à Gleneagles, la question d’une augmentation de l’aide à destination de l’Afrique…
Shikwati : …pour l’amour du ciel, arrêtez avec ces aides.
SPIEGEL : Arrêter ? Mais les pays industrialisés ont décidé d’éradiquer la faim et la pauvreté.
Shikwati : De telles résolutions nuisent à notre continent depuis 40 ans déjà. Si les pays industrialisés veulent réellement aider les Africains, alors ils doivent enfin mettre fin à cette terrible aide. Les pays qui ont reçu le plus d’aides sont ceux qui vont le plus mal. Malgré les milliards déversés, le continent est pauvre.
SPIEGEL : Pouvez vous nous expliquer ce paradoxe ?
Shikwati : On finance d’énormes bureaucraties, on favorise la corruption et l’auto-complaisance, on habitue les Africains à mendicité et à la dépendance. De plus, l’aide au développement affaiblit partout les marchés locaux et l’esprit d’entreprise dont nous avons tant besoin. Elle constitue l’une des causes aux problèmes dont souffre l’Afrique, aussi absurde que cela puisse paraître. Si on supprimait ces aides, les petite gens ne s’en apercevraient même pas. Seuls les dirigeants seraient choqués. C’est pourquoi ils prétendent que ce serait la fin sans ces aides.